83 % des employeurs dans le Benelux ne trouvent pas de candidats possédant les compétences requises. Plus de la moitié d'entre eux sont également confrontés à des difficultés de rétention. Le recrutement seul ne résout pas ce problème. Alors, quelle est la solution ? Cornerstone, en collaboration avec Rasmussen Analys, a étudié l'état de l'apprentissage et du développement des talents en Belgique et aux Pays-Bas. Les conclusions sont claires, et parfois dérangeantes.
Les collaborateurs veulent évoluer, mais ne se sentent pas soutenus
L'enthousiasme est bien présent : 62 % des collaborateurs se disent curieux d'apprendre et désireux d'évoluer. Mais c'est là que le bât blesse. Deux professionnels des ressources humaines sur trois estiment que leurs collaborateurs ont de bonnes opportunités de développement. Seuls 43 % des collaborateurs eux-mêmes sont d'accord avec cet avis.
Cet écart est un signal d'alarme. Le problème ne réside pas dans l'offre, mais dans la visibilité et l'accessibilité. Les opportunités de développement ne doivent pas seulement exister, elles doivent également être accessibles et intégrées dans le travail quotidien. Sinon, elles restent une promesse sur papier.

2. ce sont les personnes qui font la différence, pas la technologie
Les formations digitales sont la forme d'apprentissage la plus répandue au Benelux. C'est une bonne chose. Mais qu'est-ce que les collaborateurs apprécient vraiment ? Des humains, pas les plateformes.
Un manager qui soutient ses collaborateurs, du temps pour apprendre, du feedback et de nouveaux défis : ce sont les leviers qui comptent le plus pour grandir.
La réalité est différente : seuls 41 % des collaborateurs ont un manager qui les soutient et les accompagne correctement. À peine 35 % sont encouragés à dégager du temps pour se former. La technologie facilite les choses. La culture fait la différence.

3. La nouvelle promesse de l'employeur : équilibre, flexibilité, sens
C'est là que la Belgique et les Pays-Bas divergent. En Belgique, le salaire arrive en tête : 37 % des collaborateurs citent la stabilité financière comme priorité absolue. Le plaisir au travail (33 %) et les opportunités de croissance (32 %) suivent de près. Aux Pays-Bas, le tableau est différent. Le salaire ne figure même pas dans le top trois. Le plaisir au travail et la satisfaction arrivent en tête (42 %), suivis par l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée (36 %) et les opportunités de croissance (35 %).
Le constat est clair : le prestige et la performance perdent du terrain. Les professionnels recherchent des carrières durables et porteuses de sens. Les employeurs qui combinent sécurité financière avec flexibilité, autonomie et bien-être font la différence.

4. Qui retient les talents les perd
Près de la moitié des managers (47 %) affirment soutenir la croissance, mais uniquement dans le cadre de la fonction actuelle. Le raisonnement est le suivant : si quelqu'un évolue vers un autre service, vous perdez cette personne.
Ce réflexe protecteur est compréhensible, mais il produit l’effet inverse. Seuls 45 % des professionnels du Benelux estiment que leur organisation offre de réelles opportunités de changement de mobilité interne. Chez les CEO et les cadres supérieurs, ce chiffre est respectivement de 83 % et 58 %. Chez les collaborateurs sans fonction de direction ? À peine 29 %.
Les organisations qui encouragent activement la mobilité interne constatent une plus grande implication, un meilleur partage des connaissances et une rétention plus élevée. Les talents qui ont la possibilité d'évoluer restent plus longtemps.

5. Une forte culture d'apprentisage renforce votre employer brand
Il existe un lien frappant entre l'employer branding et la culture d'apprentissage. Les organisations qui ont une image de marque forte investissent plus souvent dans la formation, la mobilité interne et un leadership de soutien.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : dans les organisations ayant une marque employeur forte, 66 % des collaborateurs affirment que leur employeur les encourage à consacrer du temps à apprendre, contre 38 % dans les organisations ayant une marque plus faible. Et 65 % bénéficient d’opportunités pour changer de poste en interne, contre 35 % ailleurs.
L'employeur branding n'est pas une campagne. C'est la somme des expériences quotidiennes : les collaborateurs ont-ils du temps pour apprendre ? Sont-ils encouragés à se développer ? Ont-ils la possibilité d’évoluer en interne ? La manière dont vous faites grandir vos collaborateurs à l’intérieur détermine la façon dont vous êtes perçu à l'extérieur.
Qu'est-ce que cela signifie pour votre organisation ?
Le marché du travail reste structurellement tendu. Les attentes des collaborateurs ont fondamentalement changé. Cette étude montre que la solution ne se trouve pas uniquement à l'extérieur. Les organisations qui investissent dans une véritable culture d'apprentissage, avec des managers qui soutiennent leurs collaborateurs, des parcours de croissance clairs et des possibilités de mobilité interne, créent un lieu de travail où les gens veulent rester. Et où d'autres aimeraient travailler.
Source : The 2025 Learning and Talent Report Benelux, Cornerstone & Rasmussen Analys. Étude menée auprès de 527 professionnels des ressources humaines, managers et employés aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg. Demandez le rapport via ce lien.